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Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde, le 9 février 2017

En pleine affaire Théo à Aulnay-sous-Bois, Myriam Eckert, engagée auprès du DAL notamment, victime de violences de la part de CRS en 2009 lors d'une manifestation à Bordeaux, demande des comptes et assigne l'Etat devant la justice.

"Je ne lâcherai pas l'affaire, pour eux et pour moi". Myriam Eckert se bat depuis huit ans dans ce dossier. Et lors de l'audience qui s'est tenue au tribunal de grande instance de Bordeaux ce jeudi matin, en pleine affaire Théo à Aulnay-sous-Bois, cette militante Bordelaise, s'est faite la porte-parole de tous ceux qui sont victimes de violences policières et qui "n'ont pas le courage et l'énergie" de porter plainte.

Un coup de tonfa et une garde à vue injustifiée selon elle

En 2009, le soir du 19 mars, Myriam participe à un rassemblement de soutien à des squatteurs d'un immeuble de la rue Saint-Genès à Bordeaux en cours d'évacuation, quand les CRS interviennent pour disperser la manifestation. Elle raconte avoir pris un coup de tonfa (sorte de matraque avec une poignée) derrière la tête, puis avoir été placée en garde à vue alors même qu'elle était blessée, et sans aucune justification, selon elle.

Sa plainte est déposée quelques jours plus tard, encouragée à l'époque, par des policiers au commissariat de Bordeaux, qui, face à son visage tuméfié (qui le restera deux mois), la poussent à se battre. Ce qui lui fait redire "bien évidemment que les policiers ne sont pas tous pourris", mais lorsqu'il y a une faute manifeste, il faut une sanction. Ce qu'elle n'a pas obtenu à ce jour.

Renforcée par un rapport du Défenseur des Droits

En 2010, l'affaire est classée sans suite, faute de pouvoir identifier le ou les CRS auteurs des violences. Puis en 2012, une ordonnance de non-lieu est rendue pour le même motif. Mais elle ne baisse pas les bras, renforcée par un rapport du Défenseur des Droits rendu à l'été 2014, qui évoque "un manquement collectif à la Déontologie" et "une absence d'organisation lors de cette opération du 19 mars 2009". C'est ce qui a poussé son avocate à assigner l'Etat en responsabilité devant la justice bordelaise.

Myriam entourée de son comité de soutien au tribunal de Bordeaux

Lors de l'audience, l'avocate du représentant de l'Etat, maître Panighel, a d'abord soulevé une exception d'incompétence, expliquant que c'est au tribunal administratif et non au tribunal de grande instance qu'il faut examiner ce dossier. Elle a également plaidé que les CRS n'avaient fait que leur boulot ce jour-là et qu'il y avait eu plusieurs injonctions avant la charge menée par les CRS.

"Il y a aussi des brebis galeuses dans la police"

Tag(s) : #Répression, #Gueule Cassée

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