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Le tranchant de la lame

Nuit du 6 au 7 août 2013 - 5h25

Première reprise en main depuis la perquisition...

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Le tranchant de la lame

Je ne cèderai pas au couperet des fous qui veut que la beauté doit être mise dans des cages et l’intelligence à laisser à l’abandon.

Je n’ai pas peur que l’orage de l’obscurantisme me balaie car depuis tant de temps qu’il gronde, il s’est toujours trouvé, par-delà les bas nuages, des albatros pour effleurer les cimes.

Mon point n’est qu’un parmi une longue lignée de barbes rases, il n’est que le passage dans le parcours sans fin de la liberté et de l’Amour, il tend la main, il prolonge.

C’est encore cela qui me tient.
Je vois loin et en profondeur la quintessence de la vie, je la sens qui palpite au cœur de ma peau fragile, je l’embrasse comme l’enfant que je suis, barbe rase malgré les ecchymoses.

Et même si je titube, qu’ai-je donc à prouver ?

Aux dents aiguisées des loups, je ne tendrai pas, sans essayer moi-même de mordre, une poitrine offerte au sacrifice. Sur mon flanc, l’Epée veille. Je l’ai tirée de son fourreau de pierre et lentement, elle a ciselé mon âme.

Au couperet des fous, je sais que nous sommes nombreux à refuser d’incliner le front, barbes rases, têtes nues, entêtés, tendant toujours au-delà de la ligne d’horizon, s’étirant pour retrouver les mémoires séculaires.

Qu’avons-nous à prouver ?

Quelque part, une horloge s’est mise en marche et le temps s’égrène vers des heures plus sauvages.

Des heures de barbaries où nous pourrons nous regarder en face et savoir.

Au couperet des fous, il y aura malgré tout des courbures et certains plieront comme ces arbres dévastés par la tempête.

Pourtant, autour du vieux chaudron, les mânes d’une sagesse ancienne nous enseignent que nous pouvons encore rêver des matins bleus dans les jardins de Caladan, que chacun peut tirer l’Epée de son fourreau de pierre, qu’il n’est nul mont assez haut pour que nous ne puissions en caresser la cime !

Par-delà, comme enfin délestés, des étendues de vie à survoler, barbes rases, têtes nues, pour la beauté.

m. pour L'Orchestre Poétique d'Avant-guerre - O.P.A

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Texte libre de droit diffusé sous licence libre Creative Commons
http://www.opa33.org/opa-creative-commons.html

Tag(s) : #Communiqués O.P.A, #Répression

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